Les puces, mon anniversaire…

Voilà je suis dehors, je suis sortie comme un boulet de canon, je quitte la rue Letort, il y avait rien à dire. Je m’en vais. Je l’ai bien vu qu’il était au bord des larmes mais on va dire que je m’en fous. J’ai rien dit, ça casse tout quand c’est pas content, ranger ses affaires c’est suffisant.
Je marche dans la rue, je l’entends derrière moi qui chiale, qui chiale… ou bien c’est mon imagination. Ça s’évapore en petites particules à mes oreilles, ça me colle au visage. Fredonner du rythme, comme sous la pluie, ça sécurise et ça soulage, je dégouline de colère et d’ennui ! Je coule dans les rues, j’entends plus ses larmes, Je veux pas les cris, pas la tristesse. Y en a toujours trop.

Je grimpe dans le métro avec tous les autres, j’ai une gueule de bois mortelle, j’arrive à peine à les voir, ils tournent en orbite autour de la barre métallique, moi aussi je tangue d’un côté sur l’autre avec les yeux troubles, ils se grattent la bedaine, ils font bien attention à avoir l’air absents à se distraire, ils refusent de vivre dans les tunnels, c’est un espace où l’on n’existe pas vraiment…
Moi j’aime bien, j’essaye toujours de profiter du trajet, les sons, le train, les odeurs souterraines… sur le moment ça paraît long et puis lorsque le métro s’engouffre dans une station, j’ai l’impression d’avoir cligné des yeux. Ce temps du noir et des bruits d’étincelles s’évanouit toujours immédiatement. C’est vrai que ça peut paraître désagréable le métro, c’est pas fait pour qu’on ai envie d’y rester, ça chlingue, le carrelage, les peintures froides, les poivrots, le lieu de passage déplaisant pour la plupart mais moi je trouve ça poétique, peut être parce que je suis arrivée il y a pas longtemps. Barbès Rochechouart je descends pas là, pas aujourd’hui.
Aujourd’hui c’est journée libre, mon métro s’arrête à Clignancourt. Les puces, j’ai envie de trucs kitchs, des cadeaux !

Je passe sous le pont où les voitures dégringolent, éjectant des paquets d’ordures dans le décor, au milieu des mômes, des vendeurs de maïs ou de Marlboro qui n’ont pas le goût des Marlboro, des culs de jattes… c’est vrai il a pleuré… j’avance vers le marché, j’ai juste envie de choses qui font jolies sur moi… ça gueule, ça me transperce, ça pue la vieille viande, je me sens un peu mieux, devant moi, les étalages s’ouvrent en paillettes, en brillants au dessus des rivières de crachats, de frites et de mayo écrasés. C’est mon anniversaire j’ai bien le droit de faire ce que je veux, je peux même le faire pleurer si j’ai envie. C’est ma journée à moi… Je m’arrête longtemps devant une caisse de colliers très épais en pierres roses et bleues, elles sont énormes et flamboyantes, on dirait le trésor d’un film fantastique raté…. Ce serait bien sur la robe bleue que j’ai prévu de mettre demain. Je prends, un peu tout ce qui me plait, même vaguement j’achète j’achète.
Ça sent le chit et la chicha, les parfums patchoulis, tout ça pour la mode baba cool jamaïcaine/Che Guevara… je les vois les vendeurs, ils s’en payent des gros cons en sarouels, ils s’en mettent plein les fouilles. Ils ont raison, pas fous. Des tentures en coussins de niche pour les rastas d’appartement cachés sous leurs dreadlocks en laine détachables et qui s’arrachent des mini-bangs customisés.
Ganja mes couilles.

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